Ce qui est frappant dans un malaise c'est l'inertie. Vous êtes quelque part et vous n'avez pas envie d'en bouger, comme si faire un pas était impossible, pas douloureux, juste impossible. J'étais allongée sur le machefer, trempée, j'ai su tout de suite que je ne pourrais pas marcher. Je connais la douleur que l'on peut avoir à une cheville qui refuse de soutenir votre poids, c'était celle-là. Le cheval était en liberté, il galopait. Il n'avait pas l'air de me considérer differement d'un obstacle. Assise, je n'avais qu'à la regarder et prier pour qu'il ne me pietine pas. De toute façon je n'aurais pas pu bouger.
Ensuite l'absence. Vous êtes mal, ce serait si facile de glisser dans l'inconscience, pour échapper au froid, à l'eau , à la douleur. Mais non, il n'y a que mon estomac qui s'est révolté, assise sur un tronc à me délester d'un chocolat chaud. Et puis, je suis devenue aveugle, quelques instants. Ma vue ne s'est pas brouillée comme les gens disent habituellement. Mon champ de vision était divisé en carré, comme si on y avait passé un cache et de plus en plus de carrés étaient manquants. Pas au hasart non, suivant un motif géométrique. Juste avant de ne plus rien voir du tout je voyais un carré oui, un carré non, on aurait dit une nappe de pique-nique. C'est quand même très étrange comme situation.
Au moins, j'aurais le temps de non-faire mon Dm de cinétique et de thermo.
Illy cabossée
Photo: L_o_v_e_Is_P_a_r_a_n_o_i_d by HellRaiserGirl
